L'Amen Break est un mythique sample de 6.2 secondes, extrait de l'une des chansons du groupe The Winstons: 'Amen Brother'.
A l'origine de l'Amen Break: The Winstons...
The Winstons est un groupe originaire de Washington où ils firent leurs premiers concerts.
Il est alors composé de:
- Richard Spencer (Chant Lead + Sax. Ténor)
- Phil Tolotta (Chant Lead + Orgue)
- Quincy Mattison (Guitare + Chant)
- Ray Maritano (Sax. Alto + Chant)
- Sonny Peckrol (Basse + Chant)
- GC Coleman (Batterie + Chant)
Ce dernier fut batteur pour la Motown durant 2 ans. Il travailla avec The Marvelettes, mais également avec Otis Redding. C'est à cette période qu'il rencontra Richard Spencer et Quincy Mattison.
Le groupe tourna quelques temps avec The Impressions.
Ils enregistrèrent en 1968 un single ('Need a Replacement') chez Curtom, le label de Curtis Mayfield (leader du groupe The Impressions), mais le titre fut peu diffusé.
Puis ils vont jouer à Atlanta, où ils signent un contrat d'enregistrement avec MetroMedia en 1969.
MetroMedia est à l'époque un grand groupe audiovisuel américain, basé a New-York et qui possède xx stations de radio et xx stations TV. La société sera rachetée par xxx en 19xx.
Produits par Don Caroll (un bon ami du groupe, également compositeur), The Winstons enregistre au studio 'Le Fevre' (Atlanta) avec Rodney Mills (James Brown, Mylon LeFevre,...).
Les arrangements sont confiés à Emory Gordon Jr et la direction artistique à Sid Maurer.
Du studio sort d'abord le single 'Color Him Father' (1969), qui se placera 13 semaines dans le Billboard Hot 100 (Charts US) avec plus de 500 000 ventes.
Le titre remportera un Grammy Awards dans la catégorie 'Best R&B Song' la même année.
Suite au succès du single, The Winstons sortiront l'album: Color Him Father (1969).
Une Face B devenue légendaire: Amen Brother
Le titre 'Amen Brother' est présent sur le single 45T (face B) ainsi que sur l'album 33T (face B - piste 5)
Il s'agit d'une reprise d'un classique du Gospel Amen, originellement interprété par The Impressions en 1964. On peut également lui trouver quelques similutudes avec la chanson 'We're a winner' du même groupe.
The Winstons l'arrangèrent en une version funk-instrumental de 2:35: 'Amen, Brother'.
A partir de 1:32, le batteur G.C. Coleman lance un solo syncopé de 6.2 sec (4 mesures à 95 BPM).
Naissance d'un mythe: Amen Break
En 1986, Breakbeat Lenny sort une série de vinyles bootleg: 'Ultimate Breaks & Beats' (Street Records). Il s'agit d'une collection de samples de batteries issus du funk, de la soul,... mis en boucle afin d'être utilisé par les producteurs et DJ Hip-Hop (scratch - battle - rap - breakdance)
Le 3ème titre est le sample des 2 premières mesures du solo de G.C. Coleman dans 'Amen, Brother': l'Amen Break est né.
Le tempo est ralenti afin de permettre aux DJ de faire du passe-passe entre deux vinyles identiques, et ainsi garder la continuité du rythme.
Cette technique a été inventé par Kool Herc en 1974 et devint populaire en 1977 avec GrandMaster Flash.
Puis l'Amen Break change de support et arrive dans les nouvelles boites à rythme, comme la E-Mu SP-1200 (1987) et la Akai MPC 60 (1988).
Les producteurs peuvent désormais ainsi boucler le sample.
Ils peuvent également le découper, afin de le reprogrammer.
Mr. Mixx (2 Live Crew) est reconnu comme le premier à en avoir fait usage sur la chanson 'Feel Alright Y'all' (Move Somethin' - 1987)
En 1988, on retrouve l'Amen Break sur le titre de NWA 'Straight Outta Compton'.
¤¤¤¤ NWA - 'Straight Outta Compton' (1988) ¤¤¤¤
Mais c'est en Europe dans les années 90, et grâce a l'essor des musiques électroniques naissantes, que l'Amen Break s'inscrira dans la légende.
Le sample subira une nouvelle jeunesse et sera tituré dans tous les sens: accéléré, pitché, découpé, traité,... afin de lui donner une nouvelle sonorité.
¤¤¤¤ Mantronix - 'King of the Beats' (1988) ¤¤¤¤
L'Amen Break devient un pilier des mouvements de la musique électronique: Drum & Bass, Jungle, Acid House, HardCore, BreakBeat,...
On peut dès lors considérer l'Amen Break comme un rythme classique.
Il a su traverser le temps mais également les styles: Oasis en a utilisé le rythme pour D'Y Know What I Mean, tout comme des milliers d'autres artistes à travers le monde (Prodigy,...).
¤¤¤¤ Oasis - 'D'Y Know What I Mean' ¤¤¤¤
Le groove irrésistible de l'Amen Break s'invite également dans les publicités TV & radios, les jingles et les séries TV (Futurama),...
Le sample semble donc être tombé dans le domaine public, non pas d'un point de vue légal mais plutôt culturel.
Pourtant, ni le batteur G.C. Coleman, ni même Richard L. Spencer l'ayant-droit n'ont touché la moindre royalties issue de ce sample.
En 2002, La firme anglaise Zero-G mis sur le marché un CD de collection de samples, 'spécialement conçus' par les Sound Designer de Zero-G pour les producteurs de Drum & Bass: Jungle Farware.
On y retrouve l'Amen Break (piste X), sous CopyRight Zero-G 2002.
Nate Harrison s'interroge sur la légitimité de ce copyright dans sa vidéo 'Give me an Amen Break' (2004).
Ce CD semble être désormais retiré du marché, mais disponible en téléchargement (payant).